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diaporama aléatoire
I. CE QU'IL RESTE
un travail par les mains
I.a. L'EXPERIENCE DE L'AUTRE DEVANT SOI
Partant d’une volonté de réappropriation au bord du contresens des recherches menées par la phénoménologie ( étude dont la structure se fonde sur l’analyse directe de l’expérience vécue par un sujet - wikipedia ), l’expérience consiste à proposer à l’autre d’expérimenter un dispositif frontal visant à mesurer le rapport de moi à l’autre, de moi à la réalité de l’autre devant moi. Les mains devant l’objectif serviront de médiateurs, de facilitateurs mais resteront aussi une barrière, un filtre entre moi et l’autre.
Comme en recherche phénoménologique, nous réitérerons l’experience un certain nombre de fois, mais à contrario de celle-ci, le simple mouvement des mains générant sa propre part d’incontrôlable et de non-reproductible, ce mouvement deviendra alors une interprétation même du réel et ainsi, ira à l’encontre de la nécessité pour le chercheur phénoménologique de ne pas interpréter ce réel.
Néanmoins, cette expérience, en générant plusieurs images du réel, plusieurs interprétations d’un réel, tendra, de manière un peu forcée, à se rapprocher de l’idée constructiviste selon laquelle la réalité est multiple.






















I.b. LE MONDE DANS UNE BRÈCHE
Il va s’agir là de presser le monde entre mes mains.
Il faudra ne garder qu’une brèche de laquelle il puisse s’extraire.
Il faut en effet ne garder que ce qui fait sa spécificité, ce qui en fait son unicité, laisser de l’autre côté le reste.
Il faut ne capter que cette faible lumière qui s’arrache hors de la brèche, et affirmer que ceci est le monde, puisque c’est cela que j’observe.
Il faut donc forcer celui-ci à se déterminer vis-à-vis de moi, dans la relation qu’il entretient à moi-même, dans cette interaction entre lui et mes mains.
Il faut qu’il choisisse ce qu’il veut garder de lui-même dans ce qu’il offre à ma vue.
Pour justifier la démarche que je lui impose – ou pour nous sortir de l’impasse vers laquelle ce dirige notre relation – je lui propose un protocole qui aura pour but d’aider à identifier cette brèche.
Ainsi, nous allons nous placer dans le rôle de l’observateur de la mécanique quantique, celui du chat de Schrödinger, celui qui va, par son observation, réduire le paquet d’ondes et ainsi réduire le système qu’il observe. Ainsi, le Monde va-t-il jouer le rôle du chat et mes deux mains celui de la capsule de poison.
Je n’ai pas encore de réponse quant à savoir qui ou quoi joue le rôle du compteur Geiger, cet appareil qui déciderait de briser la capsule de poison et ainsi déterminer le destin du chat. Peut-être la sur-répétition de l’expérience pourrait jouer ce rôle-là.
Néanmoins, j’arrive ainsi à capturer un état du Monde, fruit de cette interaction entre lui et mes mains.
Notre bricolage justifie alors sa propre existence.
Mais selon l’interprétation d’Everett, le Monde ne s’est pas réduit lors de mon observation, et ceci en est presque rassurant. Non, dans le temps de l’observation, a été créé une bifurcation. De même que pour Everett, le chat mort et le chat vivant coexistent dans deux univers différents, et bien, le Monde tel qu’il est et le Monde tel que je l’ai capturé coexistent dans deux univers qui ont bifurqué l’un de l’autre ( «many worlds » ) .
Ainsi je pars rassuré, le Monde reste le Monde ; moi, j’ai juste créé un autre Monde.
Ou peut-être, comme le disaient certains à propos des différentes interprétations possibles de l’expérience du fameux chat : « Shut up and calculate ! », ce qui, rapporté à mon travail pourrait se traduire par « Tais-toi et prends des photos ! »













I.c. HOMONOÏA














I.d. ET ENTRE CES DEUX MONDES
Quand on s’adonne aux joies de la création de mondes parallèles (*), le risque augmente fatalement de finir par se retrouver ni vraiment dans l’un, celui dont on vient, ni vraiment dans l’autre, celui que l’on a créé et qui nous reste et restera de tous temps inaccessible, à priori.
Alors, nous nous retrouvons ésseulés et sans but ; jusqu’à ce qu’arrive enfin le temps de l’observation de cet endroit, de ce lieu autre, qui semble être la bordure infinie qui distinguent ces deux mondes. Comme une sorte de ligne de séparation entre ces deux mondes, qui justifierait à elle seule leurs propres existences.
Plus nous la regardons et plus nous nous rapprochons de celle-ci – tout en prenant bien soin de rester sensible et respectueux de sa fragilité – et plus nous découvrons cet autre lieu, cet espace qui n’est ni l’un ni l’autre de ces mondes. Un espace qui, à l’instar de ces fractales qui se découvrent et se redéfinissent infiniment, n’en finit pas de grandir au fur et à mesure que nous progressons vers lui tout en s’éloignant d’autant. De telle sorte que sa représentation est sans cesse réinventée et que, conséquemment, nous ne puissions jamais vraiment l’appréhender.
(*) voir présentation : le Monde dans une brèche




















I.e. DÉPART
































I.f. LE MONDE DE L'AUTRE
Soit une expérience de pensée qui trouverait sa concrétisation dans la fabrication d’un dispositif à mesurer la distance qui me sépare de l’autre.
Ce dispositif serait mis en oeuvre par l’association de trois principes, à savoir : une mise au point de courte distance pour maintenir le sujet au flou, un temps de pose rapide mais pas assez pour figer le mouvement et enfin, une des mains de l’expérimentateur qu’il aura au préalable ganté de noir, placée devant l’objectif.
Alors, ainsi équipé, je me mets à suivre l’autre, je me mets dans ses pas, à une distance idéale pour faire rentrer l’autre dans le cadre défini. Notre marche se synchronise, notre distance, notre écart pour un temps est maintenu.
Et dans ce temps que je cherche à suspendre, cette machine se met en action.
Elle va chercher à mesurer l’écart qui me sépare de l’autre. Elle cherche à mesurer la distance qui sépare nos deux mondes, le mien et celui de l’autre.
Or, la mécanique quantique nous apprend, selon le principe d’incertitude d’Heisenberg, que plus on essaie de connaître une des propriétés d’un objet comme par exemple sa position, moins on pourra en déterminer une autre, genre, son énergie. Ce n’est pas que la mécanique quantique peine à mesurer les deux, mais l’impossibilité fondamentale à les déterminer ensemble, et l’on préférera donc parler de principe d’indétermination, principe qui ne va pas sans nous interroger dans le cadre de notre expérience.
Ainsi, plus cette machine expérimentale va réussir à déterminer la position de l’autre et donc ma distance à l’autre, moins elle va réussir à connaître l’énergie qui nous unit, notre relation. En fait, elle va presque effacer l’autre, le plonger dans un noir indicible, comme pour être sûr que l’autre restera bien dans son monde, ne servira que de faire-valoir à l’existence même de la machine et que toute rencontre est impossible.
Elle semble ainsi s’être animée d’une idéologie propre à elle-même, une idéologie ambigüe : elle voudrait me faire croire que, malgré le fait que nous soyons, moi et l’autre, deux êtres humains à quelques pas l’un de l’autre, nous évoluons dans des mondes totalement séparés.
Alors, parfois, je ralentis. Je laisse un autre me dépasser. Et parfois aussi, je m’arrête et j’attends l’autre. Je tente une timide rébellion contre le protocole de l’expérience, contre la machine. Hélas, la rencontre avec l’autre ne se fait pas. Cette expérience ne me rapprochera pas de l’autre, pire, elle m’assimilera un peu plus au dispositif qu'elle-même m'a proposé.






















I.g. PAR LES LIGNES
Il faudrait pouvoir se redresser.
Il faudrait se relever ou bien juste lever les yeux
Il faudrait pouvoir ne garder que les verticales
Il faudrait pouvoir allonger les lignes, les étirer, les augmenter
Il faudrait les voir pour plus que ce qu’elles sont
Les faire sortir du sol, les en extirper
Ne garder qu’elles et effacer le réel auquel elles appartiennent
Les faire sortir du néant d’où elles semblent provenir
Et même si leur parcours semble incertain
Il faudrait vouloir les suivre et s’échapper du réel
Il faudrait sûrement relire Clément Rosset
« L’homme refusant de voir sa propre mort, s’invente un double de la réalité, plutôt que d’accepter le réel tel qu’il est »
Mais l’espace d’un instant, refuser le réel, plonger dans cette fausse réalité et devenir une ligne
Et puis, après, un peu après, s’apercevoir que ces lignes ne sont que les coulures de ce néant dont elles naissent,
De la peinture qui coule vers le haut
Et revenir au réel













I.h. FIXATIONS ( diaporamas )
La fixation commence par la détermination d’un lieu et d’un cadre qui ne changeront pas tout au long de celle-ci. S’imposer de rester dans la fixité de ce cadre et de ce lieu, va permettre de générer l’espoir qu’à l’intérieur même de cette contrainte vont naître des figures ou se révéler ce qui ne se voyait pas.
Les images se succèdent. Elles cherchent de nouveaux mondes. Elles sont l’assemblage de ce paradigme lorsque des agents exogènes viennent le perturber.
Afin de les assembler, de les réunir, de les fondre en un nouveau paysage, des mains cherchent à enluminer ces agents éphémères ; elles vont les caresser, les soutenir et les porter à l’intérieur du cadre, jusqu’à presque essayer de les y retenir.
Elles gardent à l’esprit l’envie que cette histoire ne se fasse pas au détriment du cadre mais avec une volonté de rapprocher cette masse immuable et ces êtres qui fugacement viennent le traverser, dans ce moment éphémère qui scelle leur rencontre.
Alors, le temps va intervenir. Afin de garder la trace de ces révélations. Il cherchera à être le liant de cette fixation. C’est lui qui aura pour tache d’inscrire ces révélations dans la durée. Il cherchera à les maintenir, à les faire survivre d’une image à l’autre, il essaiera de les agglomérer toutes. Il coulera d’une rencontre à l’autre à travers les parts de noir laissées par la gestuelle de ces mains, ces béances qui permettent au temps de se mouvoir entre ces révélations.
II. CE QUI SORT
un travail par les artéfacts
II.a. CE QUI SORT - EUX














































